Cetelem

Vidéo réalisée pour les 60 ans de Cetelem.

Je suis entré à Cetelem en septembre 1968 et y suis resté opérationnel jusqu'à la fin 2003. J'ignorais tout du crédit à la consommation et n'avais jamais entendu parler de ce numéro un français du secteur, qui n'était d'ailleurs à l'époque qu'une PME de 700 personnes. Quand je l'ai quittée, la société, présente dans plus de vingt pays et comprenant plus de 11000 employés, était reconnue comme faisant partie des leaders mondiaux de sa spécialité. Un tel parcours est évidemment l'affaire d'une équipe de dirigeants. Comme mes collègues, j'y ai eu ma part.

 

Nous étions tous du même moule, sans grands diplômes donc moyennisables à merci dans des institutions établies, mais mus par une sorte d'instinct de la réussite qui détermina le succès de Cetelem, tant sur les marchés qu'en valeur boursière de son titre devenu une des blue chips des années 1990. Sortis du terrain et nourris à l'esprit et aux techniques maison, nous grandissions avec la boîte et cette identification entre elle et ses dirigeants me semble être le moteur essentiel de cette success story. Nous le notions aussi chez certains de nos grands partenaires de la distribution, je pense surtout à Carrefour, à Darty ou à Conforama, toutes sociétés nées à peu près en même temps que Cetelem, ce qui nous rapprochait fortement. Entre nous, nous nous comparions volontiers à des « tontons flingueurs » !

 

 Autant dire qu'à partir de 2001 notre intégration fut difficile dans un groupe bancaire à l'esprit de grande administration dans laquelle compte surtout la qualité du reporting, avant même l'action. Notre tutelle nouvelle maniait avec talent l'art du discours mêlant le politiquement correct au dernier concept financier : nous nous sentions crottés, comme devant une armée de sophistes ! D'où la lente transformation culturelle de la société qui alors commença et se poursuit aujourd'hui, jusqu'à la conversion fin 2007 de Cetelem en une simple marque de l'ensemble BNP Paribas Personal Finance.

 

 Que d'ailleurs dans cette opération le crédit à la consommation soit incorporé à côté du crédit immobilier dans un ensemble à nom anglais, Personal Finance, n'est pas sans faire signe. La tendance était inscrite depuis longtemps dans les marchés. En un peu plus de cinquante ans, Cetelem aura ainsi connu comme spécialité majeure le simple crédit d'équipement ménager, la carte de crédit revolving, le crédit auto et ses multiples variantes, le prêt personnel avec lui aussi ses variantes allant jusqu'au crédit hypothécaire. Sociologiquement comme managérialement, une question de génération... Seul m'importe le fait que ce que j'ai créé reste un des phares du nouvel ensemble.

 

 

Quelques liens concernant mon activité à Cetelem (j'ai bien peur qu'avec le temps, ces liens disparaissent au profit d'adresses internet qui ne sont plus les miennes!) :