L’Abbaye aux Dames
Centre européen de recherche
et de pratique musicales de Saintes

Cette note était destinée à préparer un document officiel de présentation de l’Abbaye aux Dames et de la projection qu’elle se faisait en 2003 de son avenir, c’est-à-dire, quelques mois après la fusion entre les Académies musicales de Saintes – autrement dit le festival – et l’Abbaye aux Dames – autrement dit le site patrimonial. Comme toute note préparatoire, elle est imparfaite et bien des choses ont évolué depuis, mais ce fut avec elle que j’ai véritablement pris conscience de l’ampleur et de l’intérêt que représente l’Abbaye aux Dames, c'est avec elle que je m’y suis attaché, non plus simplement comme un prolongement des concerts qu’on y donne, avec ce plaisir un peu ambigu d’être admis dans les coulisses, mais comme un chantier passionnant, notamment dans sa partie pédagogique et Jeune Orchestre atlantique.

 

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Note de réflexion stratégique1


 Bénéficiant du label officiel de « centre culturel de rencontre », c’est-à-dire de celui d’une institution associant la mise en valeur d’un patrimoine historique majeur à une mission culturelle de niveau international, l’Abbaye aux Dames s’est donné l’ambition de devenir le centre européen de recherche et de pratique musicales spécialisé dans l’interprétation sur instruments d’époque.
Puisant ses origines dans un festival reconnu qui, en trente ans, évolua de la musique baroque à celle qui va de la Renaissance au répertoire contemporain (toutes rendues plus authentiques par le respect de l’instrumentation de leur temps), s’appuyant sur l’Orchestre des Champs-Élysées2 pour développer un vaste programme pédagogique allant de la sensibilisation musicale des enfants à des stages pratiques pour musiciens professionnels, bénéficiant enfin du site remarquable qu’est l’ancienne abbaye aux Dames, le Centre européen de recherche et de pratique musicales de Saintes se veut à la fois lieu de référence internationale pour l’interprétation musicale et source de production de musique classique de qualité pour le public régional – l’une et l’autre vocations étant intimement liées. Il s’appelle l’Abbaye aux Dames.

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Trois types d’action résument l’ambition de l’Abbaye aux Dames :

  1. la diffusion musicale
  2. la formation
  3. l’animation du site.

 

I - La diffusion musicale

Il s’agit du secteur le plus connu de l’activité de l’Abbaye aux Dames, sa vitrine en quelque sorte.

A/ Le festival

Depuis 1973, chaque mois de juillet voit se tenir à Saintes une grande manifestation musicale devenue avec le temps le premier festival français de musique classique non lyrique. Dirigé par Philippe Herreweghe jusqu’en 2001 puis animé par lui grâce à de nombreux concerts donnés avec ses formations (Orchestre des Champs-Élysées et Collegium vocale de Gand3, en particulier), il est dirigé par son ancien adjoint, Stephan Maciejewski ; son évolution épouse étroitement le parcours esthétique de Philippe Herreweghe : du baroque le plus pur (le cycle des cantates de Bach…) au romantisme le plus épanoui (les symphonies de Bruckner…), il trouve également dans les musiques renaissante et contemporaine cet élargissement du répertoire qui fait de Saintes un phénomène à part (« Cinq siècles de musique contemporaine »), fort prisé des mélomanes et des médias qui reconnaissent son authenticité et sa valeur créatrice dans la pratique des instruments d’époque : par exemple Charpentier sur viole de gambe, Beethoven sur pianoforte ou Messiaen sur ondes Martenot… Ajoutons à ces considérations esthétiques l’atmosphère très conviviale qui y règne, grâce notamment à l’animation du site que réalise l’association des Amis du festival et à la présence de nombreux musiciens en résidence.
Le succès du festival en fait sans conteste l’événement le plus prestigieux de l’année saintaise : plus de 25 concerts y sont donnés pour 12000 spectateurs dont un tiers sont étrangers ; de très nombreux articles dans la presse nationale et internationale le relatent et il fait l’objet d’une couverture systématique de la part des médias spécialisés ; enfin, ses retombées économiques pour Saintes (hôtellerie, restauration…) sont loin d’être négligeables comme l’a montré une étude réalisée en 20024.
Il convient toutefois de noter que le festival tend vers ses limites physiques en nombre de spectateurs (à cause notamment de la jauge sécuritaire de l’abbatiale). Sa seule extension raisonnable possible, si on souhaite lui conserver son caractère d’excellence, est d’en allonger graduellement la durée – dans un premier temps jusqu’à deux semaines. Au-delà, il est évident que s’imposera la nécessité d’une grande salle de concerts.

 

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B/ La saison musicale

Encore embryonnaire par rapport au festival, son développement repose sur le potentiel que représente pour le public régional la notoriété d’un site parfaitement adapté à la musique et la fréquentation de ce site tout au long de l’année par de nombreux musiciens (cf. infra les paragraphes sur la formation). L’idée est simple : densifier la saison musicale hors festival – d’aujourd’hui 6 à 8 concerts par an – en une offre plus fréquente, plus diversifiée, en même temps que plus globale.
Les stages de formation donnent tous lieu à un ou plusieurs concerts publics qui les clôturent et leur donnent leur véritable enjeu de pratique professionnelle. Les concerts – aujourd’hui insuffisamment médiatisés et coordonnés – forment l’ossature du développement d’une véritable saison musicale de Saintes, la seule existant dans les deux départements charentais. Autour de ces épreuves de fin de stage, d’autres concerts seront recherchés avec l’appui du directeur artistique du festival, Stephan Maciejewski. Leur spécificité s’inscrira dans la politique d’interprétation sur instruments d’époque et leur répertoire agira comme un complément au programme officiel du festival. Il est visé de produire dans un premier temps une dizaine de concerts par an ; puis, grâce à la multiplication des stages et à la création d’un ou deux « mini-festivals »5 pendant les week-ends de la Toussaint et de la Pentecôte, de doubler ce chiffre.

 

II - La formation

A/ Vers un « label Abbaye aux Dames »

Il s’agit là du caractère le plus original et pourtant le moins connu – car le plus récent – de l’activité de l’Abbaye aux Dames. Le concept avait été ébauché par Philippe Herreweghe lorsqu’en 1993 il avait symboliquement changé le nom du festival de Saintes en « Académies musicales » : cette fécondation croisée entre pédagogie et diffusion musicales a à la fois parfaitement fonctionné comme le montre l’exemple des concerts du Jeune Orchestre atlantique7, mais aussi montré ses limites à cause du cadre trop restreint offert par les dix jours du festival.
L’idée – nouvelle – que permet la création du Centre européen de recherche et de pratique musicales de l’Abbaye aux Dames est de donner toute sa dimension au concept en mobilisant plus fortement les musiciens de l’Orchestre des Champs-Élysées à des actions de formation professionnelle et en élargissant leur champ d’intervention à l’année entière.
Il ne s’agit donc ni d’un conservatoire traditionnel, ni de « master-classes » orientées vers le vedettariat de ceux qui les assurent, mais d’un programme de perfectionnement professionnel dans le domaine de l’interprétation sur instruments d’époque. Le développement de ce programme est placé sous la responsabilité de Jane Booth, clarinettiste à l’Orchestre des Champs-Élysées et à celui de The Age of Enlightenment. Il consiste en des stages mêlant découverte de l’authenticité des œuvres (étude de partitions originales…) et interprétation correspondante débouchant sur des concerts publics (cf. supra les paragraphes sur la saison musicale). Il exige évidemment que soit poursuivi et même développé l’effort entrepris depuis quelques années de doter l’Abbaye aux Dames d’un fonds d’instruments anciens de qualité.
Ce secteur à la pointe de la recherche musicale fait de Saintes un centre unique au monde et l’ouvre sur des échanges avec de nombreuses écoles supérieures de musique qui y voient un complément à leur enseignement. C’est déjà le cas avec Amsterdam, Budapest, Fiesole-Florence et le Conservatoire national supérieur de Paris. L’existence et l’affermissement du Jeune Orchestre atlantique couronnent cette activité de formation : ses membres sont pour ainsi dire des « stagiaires de longue durée » pris en charge par l’Abbaye aux Dames en vue de leur insertion dans le monde professionnel ; ils expriment leur jeune talent lors de concerts à Saintes – et de plus en plus dans des tournées à l’étranger, ce qui est signe de réussite – et bénéficient ainsi de la direction de chefs reconnus, au premier rang desquels, bien sûr, figure Philippe Herreweghe.
La renommée de Saintes se développant, ainsi que le nombre de stages offerts, cette vocation pédagogique ira croissant ; déjà, le soutien récent du Fonds structurel européen à l’aide à l’insertion de jeunes professionnels est très significatif de la reconnaissance par Bruxelles et de son intérêt à ce qui est en cours à l’Abbaye aux Dames. En complément, bien que le projet n’en soit pas encore formalisé, l’idée fait son chemin dans les milieux musicaux d’un « label Abbaye aux Dames » correspondant à un haut degré de qualité dans l’interprétation musicale.

 

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B/ La sensibilisation des publics à la musique classique

L’expérience acquise grâce à plus de trente années de festival constitue le point de départ de cette activité – elle aussi nouvelle – de l’Abbaye aux Dames. Saintes fut en son temps le principal centre français de diffusion de la musique baroque, puis celui de l’interprétation de la musique romantique sur instruments anciens. À chaque étape nouvelle, en particulier avec l’introduction du répertoire du XXe siècle, l’acclimatation du public fut longue et difficile, mais finalement réussie. En systématisant cette « médiation culturelle » et en dotant l’Abbaye aux Dames d’une véritable politique en la matière, l’idée est d’élargir cette sensibilisation à de nouveaux publics et d’approfondir les liens avec le public existant.

  1. L’approfondissement de la culture musicale du public existant est déjà un des axes de progrès largement entamé. Il s’appuie principalement sur des conférences : soit durant le festival avec des préparations aux concerts généralement effectuées par les musiciens eux-mêmes, soit durant la saison avec la venue de spécialistes (critiques, musicologues...). Cette approche didactique se verra diversifiée pour le public local par la diffusion de films à sujet musical (cycle à mettre en œuvre avec le Ciné-club de Saintes). À l’inverse, mais de façon tout aussi complémentaire pour son effet d’entraînement et d’image, des séminaires d’immersion dans la découverte d’une oeuvre ou d’un compositeur verront leur offre amplifiée au niveau national, visant une clientèle de grands amateurs désirant pratiquer une sorte de « retraite » mêlant l’émotion musicale à l’ambiance monastique. De même, un colloque annuel sur le thème de l’interprétation musicale pourrait compléter ce dispositif, accentuant le rôle de Saintes comme référence européenne en la matière (projet à l’étude).
  2. L’élargissement vers de nouveaux publics répond à deux exigences : assurer la permanence et le renouvellement à terme d’un public averti autour de Saintes et faire bénéficier la ville auprès de ses habitants d’une aura en matière musicale. L’ambition certes peut paraître grande. Elle correspond toutefois aux capacités de l’Abbaye aux Dames et à une demande en train de naître.
    Cette demande provient essentiellement de l’enseignement, jusque et y compris dans les classes de maternelle. La sensibilisation des jeunes prélude à leur initiation et les prédispose, ainsi que leur environnement familial, à une plus grande attention à la musique classique. Les premières expériences menées par Jane Booth et quelques musiciens de l’Orchestre des Champs-Élysées sont à cet égard prometteuses : elles consistent surtout à faire de la formation de formateurs (les instituteurs ou professeurs) qui eux-mêmes relaient cette sensibilisation. D’autres publics sont et seront visés, soit dans le même esprit de préparation à la musique classique (élèves du conservatoire et leurs familles), soit dans un esprit d’ouverture ou de mission sociale (personnel et élus municipaux, personnels des grandes entreprises, hôpital, prison...). L’ensemble ne pouvant se concrétiser qu’en association avec les autres institutions musicales de Saintes (conservatoire, chœurs et orchestres...), un contact sera recherché avec elles.

À l’instar de la parfaite réussite en ce domaine de l’orchestre de Lille, le but à terme de ces initiatives est d’accompagner et d’illustrer l’image de Saintes comme ville de la musique, dans la ville elle-même et dans sa zone d’influence.

 

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III - L’animation du site

Destinée autrefois à disparaître (à part l’abbatiale), l’abbaye aux Dames revient de loin grâce à un effort permanent de la ville de Saintes qui a su voir en elles le pôle essentiel de sa rive droite. Dans cette vision du site, son aménagement et son animation sont extrêmement liés. À aujourd’hui, entre le logement du conservatoire, le service religieux de l’abbatiale, sa vocation touristique également, les bureaux du centre culturel de rencontre, les points d’accueil du public, l’hébergement des stagiaires et la prestation de séminaires, le site est certes occupé, mais sans vue d’ensemble ; la définition d’une politique en la matière devient urgente, respectant les diverses fonctions du lieu tout en les ordonnant et les dynamisant sous la conduite du centre culturel de rencontre qui en a, pour le compte de la ville, le principal usufruit et sa responsabilité. Il ne s’agit nullement d’assurer une tutelle sur les autres institutions qu’abrite le site, non plus de le transformer en un vaste ensemble de réception pour congrès et séminaires (qui aurait d’ailleurs du mal à trouver son marché). Il s’agit tout simplement de prendre en compte la mission du nouveau centre culturel de rencontre associant valorisation du patrimoine et projet esthétique pour lui en donner toutes les chances de réussite.
Cette valorisation patrimoniale accompagne naturellement le projet musical de l’Abbaye aux Dames. Au plan purement touristique, l’idée est de magnifier l’ensemble du site à partir du flux naturel des visiteurs de l’abbatiale, à l’exemple de ce qui a été réussi à la corderie royale de Rochefort ou, plus récemment, au prieuré de Trizay.

  1. La relance des visites : L’abbaye aux Dames n’est pas simplement une église romane, mais un ensemble à mettre en valeur par un parcours alliant la vocation ancienne du site à son rôle actuel : sera établie une exposition permanente inspirée du livre L’Abbaye aux Âmes expliquant la vie monastique, l’architecture, l’histoire et les vicissitudes du lieu, sa renaissance enfin jusque dans ses manifestations musicales actuelles (remarquable fonds photographique existant). Deux petites brochures tirées du même livre complèteront l’information du public, l’une proprement patrimoniale, l’autre musicale.
  2. Les expositions temporaires : Chaque année, une exposition (au moins...) sera organisée entre printemps et été (afin de toucher les deux publics local et estival) sur le thème de la musique et plus particulièrement de l’interprétation musicale. Sa programmation s’inscrira dans un ou plusieurs circuits nationaux (du type Cité de la musique).
  3. La boutique. Son rôle de passage obligé pour la billetterie prime aujourd’hui toute autre considération. Cette fonction doit bien évidemment demeurer mais s’insérer dans une véritable boutique relayant et illustrant l’action du centre culturel, à l’exemple de ce qui a été brillamment réalisé par la Corderie royale de Rochefort avec sa librairie (devenue une des plus importantes de la région et un des moyens principaux d’autofinancement du centre culturel). L’idée est de transférer la boutique du recoin où elle se trouve au rez-de-chaussée de l’épi7 afin d’en créer la vitrine visible de l’ensemble.
    En second lieu, la boutique sera dotée d’une véritable « médiathèque » pour la vente de disques et de livres traitant de toutes les musiques, ainsi que d’un fort rayon régional (comme l’a fait Rochefort) pouvant aller des livres à quelques produits de qualité.
  4. La restauration : Celle-ci possède deux faces : durant le festival, elle est assurée par les Amis du festival  à partir de l’épi (où les cuisines viennent d’être rénovées) ; le reste du temps, un traiteur permet de répondre à la demande de groupes, sans qu’il soit besoin de rechercher de solutions plus ambitieuses. En revanche, le service continu (bar et restaurant) assuré par les Amis du festival pose aujourd’hui le problème de sa pérennité. Or il s’agit d’un élément essentiel à la convivialité – donc à la réussite – du festival. Une solution associant deux prestataires de services externes est en cours de négociation. Elle assurera à l’Abbaye aux Dames une part du revenu généré par la prestation ; quant au rôle des Amis du festival, il se verra repositionné vers sa partie noble, l’animation du site et le lien avec les musiciens.
  5. L’hôtellerie : Trente-cinq chambres d’un confort très « monacal » constituent le patrimoine hôtelier de l’Abbaye aux Dames. Elles suffisent pour l’instant aux besoins de logement des musiciens stagiaires mais seront vite insuffisantes avec le développement des stages. Cette situation amène deux constats : s’il n’est pas question d’investir fortement dans le confort des chambres pour le mettre au standard habituel des séminaires (notamment pour les toilettes et les douches communes), il devient urgent de les doter d’un minimum d’ameublement ; en second lieu, si des solutions provisoires peuvent être trouvées avec l’hôtellerie locale lors de la venue de grands ensembles orchestraux pour le festival, il est important d’ores et déjà de prévoir la récupération progressive des logements gérés par la SEMIS afin de les mettre à disposition du centre culturel de rencontre avec un niveau de confort destiné aux personnalités invitées.
  6. La sécurité : Un effort tout particulier sera réalisé concernant la sécurité du site, notamment durant le festival, comme le souhaite à juste titre la sous-préfecture (information du public, poste de secours, antenne médicale...).
  7. L’aménagement du site : Tant à l’extérieur (signalisation urbaine, équipement piétonnier de la place Saint-Pallais, parking…), jusqu’à l’intérieur (espaces d’exposition, acoustique des salles de répétition, confort des chambres et des loges d’artistes, aménagement de l’épi pour l’accueil et la boutique, toilettes publiques et sécurité, puis rationalisation des bureaux), un plan architectural et financier doit être engagé dans les meilleurs délais.

 

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Le centre européen de recherche et de pratique musicales de l’Abbaye aux Dames est incontestablement l’initiative la plus originale et la plus prestigieuse qui soit pour Saintes, mais aussi pour le département de la Charente-Maritime (en parallèle avec la Corderie royale) et pour la région Poitou-Charentes (en parallèle avec Magélis à Angoulême). Ses atouts majeurs sont le succès reconnu et renouvelé du festival de Saintes, l’emblème international constitué par la personnalité de son directeur artistique, Philippe Herreweghe, même si celui-ci y est peu impliqué au quotidien, l’originalité de sa vocation musicale et l’existence même de l’abbaye aux Dames dont on ne dira jamais assez le caractère exceptionnel, tant au plan de son architecture que des possibilités de la rendre encore plus conviviale.


Parce qu’il est nouveau dans sa conception – il n’existe que neuf centres culturels de rencontre en France –, parce qu’il est récent dans sa mise en oeuvre – création officielle le 1er janvier 2003 – et surtout parce que son image publique se voit cannibalisée par celle de l’une de ses composantes – le festival –, le centre européen de recherche et de pratique musicales de Saintes nécessite un gros effort de communication autour de son activité pour assurer la réussite de son lancement (outre les investissements évoqués plus haut).


Cet effort de communication visera tous les publics intéressés à l’Abbaye aux Dames : relations publiques vers les financeurs du projet afin de totalement les convaincre à la fois de son ambition et de la chance qu’il représente pour Saintes ; de même vers les possibles mécènes privés afin d’augmenter leur part encore faible dans le budget total ; relations presse à intensifier, notamment auprès de la presse régionale ; information et animation du fichier des adhérents (près de 1.000 adhérents liés à l’Abbaye aux Dames grâce à un bulletin encore artisanal)... Pour mener à bien ce programme, l’engagement d’un responsable de la communication est prévu.


Le planning de lancement prévu est le suivant : après la création d’une charte graphique fixant une identité nouvelle à l’Abbaye aux Dames (en cours de réalisation), les concerts de l’automne 2004 (Jeune Orchestre atlantique dirigé par Robert Levin et Forum des jeunes) seront l’occasion d’une présentation officielle du programme de travail de l’Abbaye aux Dames ; elle sera suivie dès janvier 2005 par une campagne de communication locale qui s’affirmera tout au long de l’année en fonction des divers événements de la saison.


Comme on le voit, l’accent est mis dans un premier temps sur la proximité régionale. Paradoxalement, l’action de l’Abbaye aux Dames est mieux comprise et reconnue au niveau national et européen ; mais concrètement, sa véritable crédibilité ne prendra corps qu’avec l’adhésion des publics régionaux. La fierté qu’ils en éprouveront et la couleur identitaire que Saintes y trouvera seront les meilleurs garants du succès de l’Abbaye aux Dames.

 


1 Cette note est la synthèse des travaux de la commission de stratégie ; composée de quatre membres du conseil d’administration (François Julien-Labruyère, Jean Rouger, Olivier Sarazin et Philippe Terville) et de quatre cadres du centre culturel de rencontre (Sébastien Almon, Jane Booth, Stephan Maciejewski et Odile Pradem-Faure), elle s’est réunie trois jours après un long entretien avec Philippe Herreweghe.

2 Créé en 1990 par Philippe Herreweghe, l’Orchestre des Champs-Élysées se compose d’environ 80 musiciens et est spécialisé dans la musique romantique interprétée sur instruments d’époque ; il est en résidence en Poitou-Charentes où il donne une dizaine de concerts par an.

3 Créé en 1971 par Philippe Herreweghe, le Collegium vocale de Gand se compose d’une quarantaine de choristes et est un des chœurs les plus renommés d’Europe.

4 Étude réalisée par l’agence des Nouveaux Armateurs de La Rochelle.

5 Par exemple en 2004, le « mini-festival » d’automne sera sur le thème du « Forum des jeunes », autrement dit une série de concerts destinés à faire connaître aux grands employeurs musicaux les jeunes musiciens formés à Saintes.

6 Créé en 1996 par Philippe Herreweghe, le « JOA » est destiné à former de jeunes musiciens et à favoriser leur insertion professionnelle. Ses concerts privilégient bien évidemment le festival de Saintes puisque c’est l’Abbaye aux Dames qui en a la tutelle, mais sa réputation s’affirmant, il commence à se donner lors de tournées en Poitou-Charentes et au-delà (Paris avec l’Atelier lyrique de l’Opéra national, Portugal, Italie…).

7 L’épi est cette partie de bâtiment située au centre de la cour de l’abbaye, aisément visible de ses deux entrées et lieu naturel d’attraction des visiteurs.

 

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