L'Auteur

Se prétendre « auteur » est évidemment le ricochet d'un nom en tête de quelques livres ! Marie, ma femme, parle de la plus longue de mes plumes de paon ! Et quand ceci prend la forme d'un film commandité par le Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes (film d'un quart d'heure tourné en janvier 2011 par l'équipe des Yeux d'IZO), le narcissisme est à son comble : sur un même écran, je me regarde faire le paon !

Couverture Paysans Charentais tome 1Bien grand mot que celui d'auteur ! Je me souviens de Jean Thibaudeau, ce viticulteur passionné par les silex bifaces grossièrement taillés qu'il trouvait dans ses vignes et dont il était radieux de dire qu'il s'agissait de chopping tools : il avait publié ce qu'il appelait ses « griffonnages » sous forme de plaquettes consacrées à son canton de Gémozac. Comme lui, je me sens un barbouilleur ; c'est d'ailleurs le cas de tous ces érudits, gensdelettres et plumitifs compilateurs dont le clocher constitue à la fois l'inspiration et ses limites. Clairement, je me situe là et j'en suis fier.

 

Dans sa préface à mes Paysans charentais, Jacques Le Goff écrit : « Ce qui me séduit d'abord dans ce gros livre, c'est que l'auteur, un historien amateur, a réussi non seulement à écrire un ouvrage aussi volumineux que les plus grosses thèses d'histoire, mais à réaliser une œuvre propre à rendre jaloux les historiens professionnels. » Ce que j'ai aimé dans cette phrase est surtout le mot "amateur", comme aux bons vieux temps du hobby roi. De la même façon, être cité à propos du défrichement ecclésiastique par Fernand Braudel dans son Identité de la France (tome II, p. 126) comme l'auteur d'un « livre vigoureux » n'est pas non plus fait pour me déplaire.

 

En revanche, je n'aurais pas aimé devenir un thésard en bonne et due forme, je me sens plus volontiers proche de ce modèle hors d'âge qui était celui de l'honnête homme, essentiellement transverse et touche-à-tout pourvu que ce tout reste à portée de son village. Le cadastre de Corme-Écluse contient autant de noms que la mappemonde qui me faisait rêver quand j'apprenais la géographie. Et il est tout aussi enrichissant de s'y attacher que de survoler un grand atlas réduit le plus souvent à des clichés quadrichromes tels que les proposent les agences de voyage. J'ai tâté des deux et ai toujours considéré le cadastre comme finalement plus nourri que l'atlas ; au mieux ils se fécondent mutuellement.

 

 

Quelques liens avec des sites qui sont pour moi des sources inestimables de connaissance de mon cadastre charentais (Pierre-Henri Simon aurait parlé de "circonscription de moi-même") :