L'Editeur

Couverture L'Alambic de CharentesJe sais maintenant que la principale caractéristique d'un petit éditeur est d'avoir les reins solides ! Non pas au plan financier, car la règle est vraie pour toute entreprise. Mais au plan physique ! Le papier est lourd, surtout lorsqu'il est de bonne qualité, ce qui est une des constantes des livres du Croît vif ; je ne connais rien d'aussi lourd qu'un carton de bouquins et comme ils vont d'un dépôt à l'autre (Geste à La Crèche, la boutique de Saintes, la grange de Corme-Écluse où s'entassent les invendus...), le tour de rein n'est jamais bien loin !

 

J'ai créé le Croît vif en 1989 parce que rien de sérieux n'existait à l'époque comme maison d'édition charentaise ; Rupella et Sepulchre ne publiaient plus rien et Geste - encore petite -  n'avait d'yeux que pour le Poitou. Mon premier titre ayant été L'Alambic de Charentes, le Croît vif aurait pu en rester là, fausse barbe cachant un compte d'auteur. En même temps, me plaisait l'idée de mettre en œuvre ce qui justement transpire de L'Alambic, une identité toujours à échafauder autour des deux départements charentais dont le cloisonnement me désolait (et continue de le faire !). C'était là mon côté enfant de Jonzac (17 sud), possédant une part de sa famille à Barbezieux (16 sud) et ayant épousé une fille de Brillac (16 nord). C'était aussi une façon de me faire plaisir car j'ai toujours aimé bâtir du réel. Étant incapable de retaper une ruine ou simplement de bricoler dans une maison, me restait une seule possibilité, celle de bâtir un catalogue.

 

 Les premières années, et jusqu'à ma retraite de commis-voyageur en livrée de banque, je n'ai publié que quelques titres par an : quatre ou cinq ; juste de quoi occuper mes temps morts. Une danseuse, disait ma femme ! Je lui répondais petite épicerie de campagne, sachant d'ailleurs parfaitement que ballerines entretenues et échoppes de village n'étaient plus de saison. Ensuite le Croît vif a grandi, une équipe s'est créée, les publications se sont multipliées, les techniques se sont professionnalisées... Ou comment on se laisse prendre au jeu... Et comment un hobby des dimanches se transforme en véritable petite entreprise, avec ses joies et ses problèmes... Du coup ma boutade a évolué :  je ne présente plus le Croît vif comme une petite épicerie de campagne mais comme le numéro un mondial de l'édition charentaise, number one in the world !

 

 

Quelques liens, d'abord avec le site éponyme de mon aventure d'éditeur, ensuite avec quelques sites personnels des auteurs du Croît vif :